Histoire du lieu

« C’est ce charmant manoir, connu sous le nom de Saint-Victor-la-Grande-Maison, caché dans le bocage comme un nid d’oiseau ». Aux marches du Berry et du Poitou, le manoir et ses dépendances sont situés sur le sommet d’un coteau boisé qui domine la rive gauche de l’Anglin. En suivant la route qui conduit d’Ingrandes à Mérigny, lorsqu’on promène ses regards sur le vallon, on ne tarde pas à apercevoir sur le sommet du coteau qui règne sur la rive gauche de l’Anglin, un petit castel qui, du milieu des bois qui l’entourent, détache ses deux tourelles couvertes en ardoises et un élégant belvédère… Un tapis de verdure se déroule des pieds du château jusqu’au bord de la rivière. »

Histoire du Blanc et de ses environs (1868)

 

 

Il semble dater de la fin  du XIVéme siecle ou début du XVéme ème. Il abrita les familles de Louan, de Galliot puis au dix-septième siècle un des membres de la famille de Barbançois.gravure Léon de Barbancois, chevalier, seigneur de Saint-Victor-la-Grande-Maison eut plusieurs enfants. L’un d’eux, Antoine, fut tenu sur les fonts baptismaux par Antoine d’Aloigni, abbé de Fontgombaûlt et seigneur d’Ingrandes, le 15 novembre 1671 ; la marraine fut Louise du Riz, fille de Sylvain des Grandes, seigneur dudit lieu. Le 16 janvier 1691 fut célébré dans l’église d’Ingrandes le mariage de Marie de Barbançois, fille de Léon, avec Jacques Ferdinand Chauvelin, seigneur de Luzeret et autres places, fils de Ferdinand Chauvelin et Anne de Conflans Despoix.

 

En 1717 par testament messire Silvain de Barbançois, seigneur de la Grande-Maison, lègue à la cure d’Ingrandes-un pré situé sur la rivière de l’Anglin ou bien une rente de 18 livres, au choix de ses héritiers, à charge par les curés de ladite paroisse de faire un service à cinq prêtres, le jour du décès du testateur, et dire à perpétuité deux messes basses par mois. En 1717 également, Philippe de Barbançois, fils de Léonse marie avec Anne-Marie Poiron, -une famille – qui a occupé au Blanc, pendant un assez long temps, une position très honorable dans la magistrature-. Philippe décéda le 13 février 1719, et fut inhumé dans l’église de Saint-Génitour du Blanc, où plusieurs membres de la famille Poiron furent enterrés. Saint-Victor-la-Grande-Maison, au sortir de la maison Barbançois vers 1720, est passée dans celle des Villemort. Sous la révolution française, elle fut entre les mains de M. de Villemort en 1793 avant d’être vendue comme bien national.

Ce fut Charles Thomas L’herpinière, maire d’Ingrandes qui l’acheta en 1794 le 24 ventose de l’an II-. Une fille de Monsieur L’herpinière, mariée à M. Péris, de Belâbre, en hérita dans les premières années du siècle. M. de Villemort racheta sa propriété de M. Péris pour la revendre peu de temps après à M. Beaufumé. M. René Creuzet des Roches en fît l’acquisition en 1830. Inventeur d’une première batteuse et maire d’Ingrandes de 1843 à 1847 il a fait reprendre ou reconstruire les bâtiments que l’on voit encore aujourd’hui et vers 1896 a fait construire un second manoir jouxtant le premier et a transformé la cave voutée de l’ancienne demeure en terrasse devant le nouveau château. De 1876 à 1971 trois propriétaires se succédèrent-MM. Joslé de Lamazière, -Lavergne, Hénault et Chiffre. En 1941 une Miellerie, une orangerie et une remise furent construites. La maison fut reprise en 1981 par Marie Rouet Grandclement, originaire de la region.